Un agent de police pressé, se prénommant Jean, marchait dans le hall du commissariat de police du département C de Nice…
Il ouvrit brusquement la porte du bureau de la commissaire.
Jean – « Commissaire, on a un… »
La commissaire – « NON, Madame la Commissaire Charlotte du Département C de Nice ! »
Jean fronça les sourcils…
Jean – « Département C ? »
Charlotte – « Eh bien oui, on a le département N puis le département I, ensuite on a nous, le département C, puis le département E ! Bah, Nice quoi… Jean, vous êtes stagiaire ? »
Jean – « Vous allez me dire, qu’ils ont nommé Nice comme ça à cause des départements de police ?! »
Charlotte – « Non, non, aussi à cause des départements de pompiers… »
Jean se tourna contre un mur, puis se mit à se chuchoter à lui-même… – « Chuis tombé chez les fous, chuis tombé chez les fous, chuis… »
Charlotte – « Vous dites ? »
Jean – « Je… euh… trouve votre… euh… présence… euh… tr- très agréable ! »
Charlotte sourit, et mit sa main devant sa bouche, le regard pétillant.
Charlotte – « Hihi, oui, je sais merci ! »
Jean – « Bref, Monsieur Otis est mort ! »
Charlotte – « Oh, quel malheur… j’aimais pourtant tant ses bonnes boissons au jus d’orange…
Jean – « Moi aussi, mais on a eu un appel de quelqu’un connaissant la personne l’ayant tué… »
Charlotte – « Ayant tué qui ? »
Jean – « Monsieur Otis, patron de la marque de jus d’orange, Otis ! »
Charlotte (choquée) – « Il est mort ?! »
Jean – « OUI ! »
Charlotte (prise au dépourvu) – « Oh, je suis choquée, il faut qu’on arrête le criminel l’ayant tué ! »
Jean – « Justement, on a reçu un appel à ce sujet, on doit enquêter. »
Charlotte – « J’aimerais beaucoup, mais… »
Jean – « Mais ? »
Charlotte – « Mais l’on ne peut rien faire si le mort ne porte pas plainte… »
Jean – « Excusez-moi ? »
Charlotte – « Eh bien oui, si vous vous faites agresser demain… vous allez venir porter plainte… »
Jean – « Hum… oui… »
Charlotte – « Sans votre dépôt de plainte, on ne peut rien faire… »
Jean – « Je confirme… »
Charlotte – « Et bien mort, ou vivant ça s’applique à tout le monde ! »
Jean – « MAIS C’EST RIDICULE ! »
Charlotte – « Ecoutez mon cher, c’est la procédure, je n’y peux rien ! »
Jean tapa du poing de toutes ses forces sur le bureau.
Jean – « LA PROCÉDURE NE FAIT AUCUN SENS ! »
Charlotte (haussa la voix sur un tempérament énervé) – « Mais calmez-vous, il n’y a pas mort d’homme ! »
Jean – « Hhm, eh bien si… »
Charlotte – « Oui mais s’il n’a pas porté plainte, c’est qu’il n’est pas mort ! »
Jean – « Mais si ! »
Charlotte – « Mais non. Sinon il serait venu porter plainte ! »
Jean – « Mais il ne peut pas, vu qu’il est mort ! »
Charlotte – « Je ne le sais pas ! »
Jean – « Moi bien ! Quelqu’un de sa famille est venu porter plainte, ils ont VU le corps ! »
Charlotte – « Ecoutez, si on doit prendre toutes les vraies plaintes de fausses morts, on ne travaille plus sur de vraies choses ! »
Jean – « De vraies choses, comme… ? »
Charlotte – « Les dossiers des morts, tiens ! »
Jean – « Lesquels ? »
Charlotte – « Ceux qui ont porté plainte ! »
Jean – « Et il y en a beaucoup ? »
Charlotte – « Non… c’est bizarre d’ailleurs… »
Jean – « Bon, écoutez, c’est quand même Monsieur Otis qui est mort… »
Charlotte – « AHHH, il est mort ? QUELLE CATASTROPHE ! »
Jean – « Oui, tous les médias en parlent ! »
Charlotte prit immédiatement un air sérieux.
Charlotte – « Les médias en parlent ? »
Jean – « Oui, beaucoup même… ba tenez, regardez dehors ! »
Charlotte pencha le buste par la fenêtre entr’ouverte et entendit un journaliste, micro à la main, face caméra .
Le journaliste – « Nous sommes en direct devant le commissariat de la police de Nice où l’affaire piétine mais parfois trébuche dans la disparition suspecte de Mr. Otis, patron de la marque Otis Drinkz ; concurrent direct de la grande marque de jus d’orange Sito, qui se boit généralement le matin !
Il paraît qu’une odeur nauséabonde s’efforce de rentrer dans les cloisons des parois nasales de quiconque rode à proximité de l’appartement de Mr. Otis. »
Charlotte, refermant discrètement la fenêtre se retourne vers Jean, et lui demande d’un air sérieux – « Vous savez qui l’a tué ? »
Jean – « Mais il n’est pas mort sans porter plainte ? »
Charlotte – « Oui, bien sûr, mais les médias en parlent ! »
Jean leva les yeux au ciel…
Jean (sarcastique) – « …dit-elle comme si c’était une évidence. »
Charlotte – « Vous savez qui c’est qui l’a tué ? »
Jean sortit un petit carnet de sa poche et posa son regard dessus en le feuilletant…
Jean – « Mouais, on a une piste, on a eu un appel de quelqu’un qui aurait vu son ami le tuer… »
Charlotte – « Arrêtez-le ! »
Jean – « L’ami, ou le type qui l’a dénoncé ? »
Charlotte – « L’ami ! »
Jean – « On n’a pas assez de preuves… »
Charlotte – « Oui, mais si on le met en prison, l’opinion publique se calmera ! »
Jean – « Oui mais le vrai coupable sera peut-être toujours en liberté ! »
Charlotte – « Je commence sérieusement à penser que vous êtes stagiaire Jean !
Charles Nys