Quand le monde semble se briser
et que le ciel devient lourd de silence,
il est facile de croire
que l’espoir s’est perdu quelque part,
comme une étincelle
emportée par le vent.
Les rivières ralentissent sous un ciel d’azur pâle,
les forêts se taisent dans leurs ombres d’émeraude,
et le vent traverse les champs de sauge
avec un murmure ancien,
comme s’il cherchait quelque chose
qu’il ne trouve plus.
Mais la terre n’oublie jamais comment vivre.
Sous la neige immobile d’ivoire,
une graine patiente dans l’ombre.
Dans l’obscurité profonde,
une racine avance en secret,
fragile mais obstinée.
La vie est patiente.
Elle persiste doucement,
frissonnant sous la terre froide,
jour après jour,
contre le froid, contre la nuit.
Et un matin presque invisible,
un bourgeon s’ouvre —
lavande tendre —
et le monde recommence à respirer.
Alors les arbres montent vers le ciel d’azur,
les rivières retrouvent leur chant clair,
et la lumière dorée du matin
fait scintiller les collines d’émeraude
et les champs safranés.
Parfois, au bord d’un sentier,
une fleur couleur de cerise éclate soudain,
vive comme une promesse.
Ce n’est pas un miracle.
C’est simplement la promesse
que la terre nous murmure
depuis toujours :
même après l’hiver le plus long,
le printemps
trouve toujours son chemin.