Ô Nostalgie, maitresse du sablier, te souviens-tu de moi ? Moi que tu as rendue folle. Moi à qui tu as tout pris. Maintenant, sur ce qui deviendra mon lit de mort, tu t’es penchée, un sourire narquois aux lèvres. Te moque tu de ma faiblesse ? Ha, oui ça doit être drôle. Voir s’en aller la vie de mon visage fanée. Voir une fleur si belle au commencement s’enlaidir à mesure que tu prends contrôle de sa frêle enveloppe charnelle. Au début, j’était aussi parfaite, aussi heureuse que devrait être chaque enfant de 30 ans. Puis, tu t’es approchée de moi. Enveloppé dans de couteux vêtements et couvertes de rivières de rubis. Ah, si seulement j’avais su que ces rubis était le sang de tes victimes et que tes vêtements tu les avait payés avec l’argent du chantage que tu exerces sur l’humanité. Ah, oui c’était drôle comme tu m’as séduite avec toujours une pointe de mépris. Tu m’as promis mes souvenirs les plus doux et les plus joyeux. Tu m’as promis une jeunesse renouvelée. Quand on se croit vieux, on ne souhaite que devenir plus jeune. Je suis tombée dans ton piège sans même m’en rendre compte. Ah, oui c’était drôle quand soudainement les masques sont tombés. Quand tu m’as montré ton vrai visage, j’ai essayé de m’enfuir et tu m’as laissé faire en riant. Tu savais que je savais que je reviendrais ; je ne pouvais renoncer à ce passé idéalisé. Alors je suis revenue, essayant de me tenir sur ma garde. J’étais si naïve. Je croyais qu’il suffisait de vouloir quelque chose pour que ça accomplisse. Tu m’as encore ensorcelé. Ah oui, ça tu en profité de mon émerveillement. Tu m’as juste donné assez pour que je te supplie à genoux pour un autre souvenir. Une autre utopie. Un autre oubli. Tu appréciais de me voir ramper à tes pieds, n’est-ce pas ? Ça te permettait de ressentir ton pouvoir. Ah, ça devait être drôle que la fille qui t’avait fuie rampe à tes pieds. Comme tu as du rire ! Quand tu as senti que j’était totalement sous ta coupe, tu m’as offert le contrat le plus injuste de l’histoire de l’humanité, pourtant remplie d’escrocs en tout genre. Je t’ai vendue mon âme. J’ai signé avec mon sang sans même lire ne serait ce le titre. Ah, comme ça devait être drôle !
Tu es venue maintes fois me raconter des histoires quand dans mon sommeil je rêvais d’autre chose que toi. Tu me parlais de toutes tes victimes. De toutes les stars déchues, qui tout comme moi en était à tout t’offrir même leur vie. Tu aimais particulièrement les adolescents désespérés et rejetés de toutes parts. Si jeune mais si dramatique. Pour un défaut dans le miroir, pour un kilo de plus, tu les envoyait à la potence. Tu étais l’ombre qui les suivais. La voix qui leur disait qu’ils ne valaient rien. Que tout était de leur faute. Que le monde serait mieux sans eux. Tu jouais double jeu. En les tuant lâchement, tu atteins tout leur entourage. Encore plus de victimes…
Je n’ai presque plus de forces…
Ah, ça doit être drôle………Ah, oui…..Ça tu devais rire……Ah……si……tu………savais……..com.. ….bien……..je……te…..hai………..
Le silence et le repos final avait finalement pris contrôle de moi. Tu es partie en sifflotant.